10 October 2016

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On n’avait pas prévu initialement de se rendre au parc de Litchfield car on pensait manquer de temps et on avait lu que ce parc était très fréquenté du fait de sa proximité avec Darwin. Mais c’est sans compter sur le fait que l’on se trouvait maintenant complètement hors saison, les gens fuient le nord de l’Australie dès que les températures grimpent. En plus on a plutôt bien roulé on s’est donc retrouvés avec deux jours en rab pour profiter du calme de Litchfield et se reposer un peu.

En effet on n’a fait que ça ! On est bien allés voir les différents sites du parc : Florence Fall, Tolmer Falls, Wangi Falls, Cascades (oui c’est bien un nom français pour ce site qui comrend une multitude de…cascades), Wlaker creek… mais ce qu’on a préféré c’était le paisible Buley Rockhole : une multitude de bassins de différentes tailles reliés entre eux par des cascades, un bonheur. Entre la petite baignade dans un bassin, le snorkeling à la recherche de trésors perdus, la relaxation au milieu de la cascade, la lecture au bord de l’eau ou dans l’eau, le lieu ne manquait pas d’activité pour cette fin de vacance.

Petite curiosité locale, les « termitières magnétiques ». Ça me fait penser d’ailleurs que l’on n’a pas du tout parlé des termitières. Pourtant elles font partie du paysage en Australie. Il y en a partout, seule la taille et la couleur change, on s’y habitue vite. Mais les termitières magnétiques c’était bien la première fois que l’on en voyait, elles ressemblent à des pierres tombales ! Elles sont toutes plates et toujours orientés vers un axe nord/sud. Des études ont permis de démontré que les termites les bâtissent ainsi selon le champ magnétique terrestre, pourquoi, on en a aucune idée.

On a donc ponctué notre beau voyage avec les belles eaux du parc de Litchfield, on n’avait pas vraiment d’intérêt à aller visiter Darwin. Au final on a parcouru 8000 km (sur le papier on devait en faire 4200 mais on a fait quelques petits détours), soir la distance pour aller en Mongolie de chez nous ! Ça ne parait pas sur une carte car l’Australie est sous dimensionnée, mais c’est un grand pays. Un grand et magnifique pays, peuplé de gens chaleureux et bienveillants, un soleil toujours au rendez-vous,… c’est bon on est déjà prêt à résigner pour visiter le reste !

 

Kakadu National Park, c’est un condensé de l’Australie à lui tout seul. Il concentre 80% des écosystèmes présents en Australie et est le garant de l’histoire des premiers habitants du pays. Impossible de ne pas s’y arrêter, malgré que ce n’est pas la période qui le met le plus en valeur. Qui dit fin de saison sèche dit, rivières et cascades à sec, paysage aride et températures extrêmes (ça c’est bon on était rodés !).

On est rentrés dans le parc par le sud, cette partie comprend de nombreux itinéraires réservés aux 4×4, mais après ces quelques semaines d’expériences on pouvait considérer que notre petite voiture était quasi une 4×4. On s’est donc rendu à « Gunlom Falls » et ça aurait été dommage de manquer ça. Une petite rando permettait de grimper à l’endroit où l’eau se jetait de la falaise et créait des petits bassins. Quand il y a plus d’eau cet endroit forme une « infinity pool » (piscine infinie) naturelle. La vue y était magnifique.

On est allés se baigner un peu plus loins dans les eaux claires de Maguk. Encore une cascade mais cette fois avec de la vraie eau qui coule ! A Gunlom ce n’était plus qu’un mince filet d’eau, ici il y avait encore de quoi se faire masser par les eaux tumultueuses. L’endroit était charmant et la clarté des eaux rendait le lieu propice au snorkeling : on a pu y trouver de nombreux petits poissons mais aucun crocodile.

Comme on était un peu en manque de ces petites bestioles on est allés voir « Cahill’s crossing », véritable attraction naturelle du parc de Kakadu, c’était un lieu où on pouvait voir des crocodiles marins de près. Le meilleur moment pour les observer c’est lors de la marée montante, les eaux qui viennent de la mer sont chargées de poissons et les crocodiles se rejoignent tous ici pour profiter du festin. On avait récupéré les heures de marrée à l’office de tourisme, il ne manquait plus qu’un peu de patience avant que le spectacle commence. C’est aussi un passage connu des 4×4, la route qui traverse la rivière en fait un lieu de haut frisson pour les courageux (ou idiots !) qui osent s’aventurer sur la route à marée haute entourés de crocodiles. Je vous laisse imaginer que les accidents sont fréquents, heureusement la plupart du temps les rangers secourent les gens coincés dans leur voiture mais il est déjà arrivé qu’un crocodile un peu gourmand profite de l’occasion (allez voir sur youtube les vidéos des voitures piégées si vous ne croyez pas qu’il y ait des gens assez bêtes pour se retrouver dans ces situations !). En tout cas le spectacle valait le déplacement, ces crocodiles, prédateurs des hommes, sont beaucoup plus gros que les crocodiles d’eau douce et les voir en action était plutôt exceptionnel.

Je ne pensais pas dire ça un jour, mais c’est aussi le moment où on a été heureux de voir la pluie, la première pluie tropicale de la saison ! On est passés en quelques minutes de 42 à 23°, quel bonheur ! En fait c’était presque trop on n’était plus habitués on en a eu des frissons. Heureusement dès que la pluie a cessé les températures ont repris leurs bonnes habitudes et ont grimpé de nouveau à 38° (ce qui était quand même largement plus supportable).

C’est donc sous l’orage que l’on a découvert les peintures rupestres d’Ubir. Ces témoins silencieux des premiers habitants d’Australie sont là, pour certaines, depuis 20000 ans, d’autres sont beaucoup plus récentes, les époques se succèdent parfois sur une même paroi. Elles représentent les légendes des peuples, les scènes de la vie quotidienne mais aussi la faune de Kakadu. On a décidé d’en apprendre plus sur ces anciens peuples en bénéficiant d’une visite guidée gratuite réalisée par un ranger du parc le lendemain sur le site de Nourlangie, une autre « galerie » du parc. La visite a été très instructive et ce qui nous a le plus surpris c’est l’immuabilité du peuple aborigène.  L’essence de ce peuple est le respect et la vie en harmonie avec la nature qui l’entoure et la transmission du savoir pour maintenir cet équilibre de génération en génération. Ce qui fait que le mode de vie de ce peuple n’a que très peu évolué depuis 40 000 ans. Je devrais peut être dire « n’avait » car depuis l’arrivée des premiers colons à la fin du 18e siècle leur vie a été bouleversée et il est maintenant très difficile pour eux de continuer à vivre comme leurs ancêtres. C’était passionnant d’en apprendre plus sur les aborigènes et on comprend mieux pourquoi la situation est si complexe actuellement en Australie. Les cultures de ces deux  peuples sont tellement différentes qu’il est difficile pour eux de trouver un équilibre pour chacun.

 

 

 

Katherine, première ville du Territoire du Nord de l’Austrlie. Pas grand-chose de nouveau à l’horizon sauf que l’on pouvait rouler à 130 sur les autoroutes et que l’on allait croiser de plus en plus d’aborigènes car c’est dans cette région qu’ils sont les plus nombreux. Il faisait toujours aussi chaud, 42° à l’ombre, et pas la moindre pluie depuis le début de voyage.

Vous l’avez compris, rien de tel pour nous faire plaisir ici qu’un petit bain rafraichissant. Pour ça Katherine possède un secret bien gardé, heureusement on nous l’avait soufflé à l’oreille lors de notre excursions pour nager avec les baleines : des sources d’eau chaude publiques. En fait l’eau avait juste la température parfaite : assez pour se rafraichir et pouvoir rester des heures à se prélasser dans l’eau. En plus l’endroit était assez vaste pour accueillir petits et grands. Il y avait plusieurs bassins reliés entre eux par une petite rivière et des petites cascades, le tout entourés d’arbres tropicaux et de kangourous, vraiment pas mal ce tuyaux !

En parlant de secret bien gardés, merci Camper Mate et Wikicamps, 2 applications indispensable pour un road trip en Australie. Elles nous ont permis de débusquer les lieux où dormir gratuitement : de l’air de repos au petit coin au bord de la rivière impossible à trouver seul, vraiment très utiles ! Justement ce soir-là, on est tombé sur un petit coin bien sympatique en bord de rivière qui nous a permis de nous sociabiliser avec un autre couple de français qui s’était arrêté là pour la nuit. Audrey et Steve avaient commencé leur tour du monde quelque mois après nous sauf qu’eux ils y sont encore ! Ils ont décidé pendant leur tour du monde de ne pas rentrer et tout plaquer pour venir travailler et découvrir l’Australie pendant 2 ans (avec un visa vacances/travail). Ça faisait maintenant 1 an qu’ils vivaient en Australie et, après avoir mis des sous de côté, ils débutaient leur tour d’Australie. Ce sont toujours de bons moments ces échanges avec d’autres voyageurs : on partage les expériences, les idées, les astuces, on parle des voyages passés, présents et à venir, en fait ce sont des discussions de passionnés !

Le parc national situé près de Katherine, le Nitmiluk National parc est divisé en 2 parties : le côté « Katherine gorge » et le côté « Edith Falls ». On a commencé par aller voir les gorges. L’idéal aurait été de louer un kayak pour en profiter de l’intérieur mais il fallait compter quasiment 200$ la demi-journée, ça rebute un peu. En plus le réseau de randonnées autour des gorges avait l’air assez sympa on a donc préféré les découvrir en prenant un peu de hauteur. Grave erreur ! Je vous laisse imaginer : 42° à l’ombre, en fait il n’y avait pas d’ombre car les arbres n’ont plus de feuilles à cette époque, au milieu des cailloux et des herbes grillées par le soleil, avec pour seule compagnie nos copines les mouches qui essayaient en continu de s’insinuer dans nos orifices. Déjà ça donne pas envie, mais en plus si on rajoute le fait que ça a duré 5h, 20km, tout ça pour 2 petites vues sur les gorges, bien sûr aucun endroit pour faire trempette et qu’en plus on s’est perdus (petit détour de 4km dans ces conditions ça pique un peu…), je vous laisse deviner que notre souvenir de Katherine Gorge n’est pas le meilleur d’Australie !

A peine sortis de ce guêpier on a trouvé notre récomfort dans les sources d’eau chaude de Katherine puis dans les eaux fraîches du bassin d’Edith Fall. C’est dans ces cas-là que l’on ne remarque même plus les panneaux avertissant de la présence de crocodiles, le besoin de se rafraichir passe avant tout !

On doit être un peu foufou dans nos têtes car le lendemain matin à peine debout que l’on a remis ça dans la deuxième partie du parc : cette fois une petite rando de « seulement » 13km. La grande différence était qu’on a pu se baigner à plusieurs reprises dans la rivière. Il n’y a pas photos, on a préféré la partie des cascades plutôt que celle des gorges !

 

 

Kununurra, enfin une bourgade où il fait bon vivre au nord de l’Australie. Son parc arboré, son lac et le «  Mirima national Park » , connu aussi sous le nom de mini « bungle bungle », nous ont tout de suite charmé. Le grand parc au bord du lac était curieux car chaque arbre avait sa petite plaque qui expliquait quelle célébrité locale l’avait planté et quand, une idée originale ! Le seul petit bémol c’est que le joli Mirima national parc venait d’être récemment le théâtre d’un incendie qui a laissé sur son passage un décor d’apocalypse aux déclinaisons de noirs et d’ocre.

Le lac Argyle est le plus grand lac de l’Australie occidentale et semble encore pourtant totalement méconnu. On a atterri là en suivant les conseils du Français rencontré à Exmouth qui nous avait conseillé le seul camping du coin. Le lieu état idyllique. Les charmants propriétaires du camping avaient eu la bonne idée de construire une magnifique piscine à débordement à l’endroit du camping où l’on bénéficiait de la plus belle vue sur le lac. Se baigner dans les eaux fraiches de la piscine en ayant l’impression de voler vers le lac était merveilleusement apaisant.

 

 

 

 

 

El Questro, c’est en général par-là que l’on termine (ou commence) la Gibb river road. Après avoir fait un détour par la  « great northern highway » (l’autoroute du nord), on a récupéré la fin de la Gibb ici car il y avait encore quelques endroits accessibles.

Finalement notre découverte d’El Questro a été assez réduite. A cause des cascades et rivières à secs et des bush fire, on n’a pu visiter que 3 endroits : Amelia gorge, Zebedee springs et Emma Gorge. Amelia Gorge était une rando sympa censée nous conduire à une superbe cascade se jetant dans une piscine naturelle où on devait se baigner. Malheureusement on n’a pas eu notre récompense car il n’y avait plus une goutte d’eau qui coulait de la cascade et l’eau stagnante qui restait dessous n’était pas très ragoutante. Mais quand il fait 40° à l’ombre on ne fait pas les fines bouches et on a quand même gouté l’eau. Zebedee spring a été par contre une très belle découverte. Des sources d’eaux tièdes cristallines au milieu d’un oasis de fraicheur, l’endroit était paradisiaque. Enfin Emma gorge, on avait un peu peur d’avoir la même déception qu’à Amélia gorge au bout de la rando mais finalement il restait bien quelques gouttes d’eau à couler de la falaise, suffisamment pour renouveler le bassin et permettre à l’eau d’être à peu près claire. Avec son amphithéâtre de pierre ocre et sa végétation luxuriante on n’a pas résisté à l’envie de se baigner malgré les avertissements sur les crocodiles habitant le coin. Christophe a sondé le fond de la crique au masque tuba et n’en n’a pas débusqué un seul, on a eu raison de ne pas se priver.

 

 

 

 

Pour accéder à Purnululu, il faut vraiment le vouloir, la piste rocailleuse de 53 km a été nommée la pire route d’Australie. Vous aviez déjà deviné qu’il était obligatoire d’avoir un 4×4 pour s’y engager, on a donc tenté le coup. Après 2h de trous, lacets sinueux, rochers pointus et même plusieurs passages à gué on a réussi l’épreuve ! Et comme on aime le challenge on a même fini la dernière partie de nuit. Mais l’aventure n’était pas encore finie. Lorsque l’on a voulu rejoindre le seul camping encore ouvert pour la saison on s’est retrouvés face à une route fermée pour cause de « feu de bush ». On s’est donc résolus à aller au camping du nord du parc qui était censé être fermé pour la saison plutôt que de rôtir tranquillement pendant la nuit.

Le lendemain on espérait que le feu serait contrôlé mais malheureusement on n’a pu visiter que la partie nord du parc qui nous a pourtant bien donné envie d’aller voir le sud. Les dômes de roches rouges aux formes arrondies, plus connues sous le nom de  « Bungle Bungle »,  étaient impressionnants et avec les 40° à l’ombre à 8h du mat c’était bien agréable de trouver un peu de fraicheur au cœur des failles dessinées par le vent et l’eau depuis des millénaires. Ce lieu est même inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

 

 

 

 

Derby, encore une petite ville du nord sans grand intérêt à nos yeux sauf bien sûr sa fameuse allée de baobabs. Car on ne vous a pas encore parlé des baobabs ! Depuis que l‘on était arrivés plus au nord on en voyait partout et c’était un véritable régal pour les yeux. Ces arbres centenaires biscornus étaient tellement différents les uns des autres qu’ils semblaient avoir chacun avoir une personnalité bien à eux. C’était un véritable challenge de ne pas s’arrêter sur la route pour tous les prendre en photos. Donc je vous laisse imaginer le plaisir de découvrir qu’à Derby ils en étaient fiers et les mettaient bien en valeur avec une allée rien que pour eux. Pour nous, s’arrêter à Derby, c’était avant tout pour préparer notre aventure sur la « Gibb River Road ». La Gibb, c’est une route de terre de 660 km qui relie Derby à Kununurra. C’est une route un peu mythique dans le coin car elle permet d’accéder à de nombreuses petites gorges isolées sur une piste difficile avec de nombreux passages à gué. C’est un vrai challenge, il est conseillé d’avoir plusieurs roues de secours, des réserves de nourriture, d’eau et d’essence importantes car il y a peu de ravitaillement sur la route et bien sûr un vrai 4×4 est obligatoire pour la traverser. C’est pour ça qu’on a décidé d’y aller d’ailleurs ! En fin de saison sèche on s’est dit que les passages à gué devraient passer et la route semblait surtout caillouteuse et inconfortable mais pas sableuse. Finalement notre rêve d’aventure a pris fin à l’office de tourisme de Derby car on a appris que la plupart des gorges étaient fermées pour la saison car complètement à sec. Comme c’était le principal intérêt d’emprunter cette route, c’était plus raisonnable de faire un détour par l’autoroute  bien goudronnée et plus confortable.

On a pu tout de même prendre la première partie de la Gibb pour accéder à la belle Windjana Gorge, où on verra nos premiers crocos, et à Tunnel Creek. On nous avait avertis qu’il y avait des crocodiles également à Tunnel Creek, ce qui a pris une autre dimension quand on a découvert que c’était une grotte avec de nombreux passages dans l’eau et dans le noir. On a été un peu enhardis par un couple devant nous qui semblait progresser sans aucun croc et on a finis par aller au bout de la grotte en gardant tous nos orteils.

 

 

Broome

Broome, pour nous une simple ville étape, sur le papier pas grand-chose à y voir, en réalité non plus ! On a quand même profité d’être en ville pour tester une nouvelle fois la cuisine Australienne. En fait rien de bien original, de simples burgers !

On s’est rendus à une première plage de Broome, « town beach ». Le lieu était plutôt joli mais les panneaux avertissant la présence de méduses mortelles, les fameuses méduses échouées sur le sable et le fait qu’il n’y avait personne dans l’eau, ont découragé notre envie de baignade ! On s’est donc tournés vers “Gantheaume Point“, une autre plage de la ville où on pouvait aussi trouver des empreintes de dinosaures. Malgré les cours que l’on avait pris à Torotoro en Bolivie, on n’est pas sûrs d’avoir réussi à identifier une seule vraie empreinte. Une particularité locale,  les voitures ne se garaient pas sur un petit parking avant la plage, elles allaient directement se garer sur la plage au plus près de l’eau. Encore une fois, pas très motivant la baignade au milieu des pots d’échappement !

On a fini par la fameuse « Cable beach », plage la plus touristique de Broome et effectivement la plus sympa. C’était une longue bande de sable blanc bordée par des dunes et une jolie mer turquoise. Ici aussi on était avertis de la présence de méduses mortelles, de crocodiles et de courant dangereux mais au moins il y avait une armée de sauveteurs qui veillaient. On a donc enfin pu se baigner tranquillement alors que les méduses et les crocos préféraient déguster les sauveteurs. On en a profité aussi pour « voler » un petit shampoing à la douche de la plage, il n’y a rien de tel pour repartir tout propre pour quelques jours !

Après avoir dormi la veille au pire endroit de notre voyage en Australie, on a enchaîné ce soir-là avec Le lieu parfait. Un tel lieu méritait qu’on tente une nouvelle fois l’option 4×4 de notre voiture car le seul accès disponible était une piste de sable. Christophe a relevé l’épreuve avec brio sans s’ensabler une seule fois, bel exploit ! Arrivés au bout de la piste, on a compris que le jeu en valait la chandelle. C’était un véritable petit coin de Paradis en bord de mer isolé de tout. Nos seuls voisins étaient une armée de bernard l’hermite qui, à la nuit tombée, ont remonté de la plage profiter avec nous de l’apéro. Il y avait aussi quelques crocos de mer qui sont restés tellement sages qu’on ne les a même pas remarqué.

 

 

 

On a quitté la mer pour s’enfoncer dans les terres de l’outback australien. Le sable devenait de plus en plus rouge, les températures montaient, on croisait des aborigènes, à coup sûr on avait changé de décor !

Premier arrêt à Tom Price la ville à l’entrée du parc histoire de découvrir le système de santé Australien. Avec tout ce temps en eau glacial, c’était mon tour d’être malade et pour compliquer un peu les choses, j’avais besoin d’un traitement antibiotique et pas moyen d’en avoir à la pharmacie sans ordonnance. On a donc eu le plaisir de découvrir le centre de santé de Tom Price avec ses deux secrétaires aux petits soins, le gentil Dr Qalo et une pharmacie un peu moins bien organisée où on a eu l’impression qu’ils avaient dû fabriquer leurs médicaments tellement il leur a fallu du temps pour nous les délivrer. Dans tout ça il vaudrait mieux que je m’installe en Australie vue le prix de la consultation ici…

Après cette petite parenthèse, direction « Harmesley gorge » dans le parc de Karijini. C’était une jolie gorge où l’on pouvait se baigner mais vu l’heure et vu mon état on ne s’est pas attardés et on s’est trouvés un jolis décor de montagne pour une bonne nuit réparatrice.

Le lendemain, un peu près sur pied, on a découvert les nombreuses piscines naturelles de « Dales gorge » : Fortescue falls, Circular pool et notre préférée Fern pool. Avec les températures qui grimpaient à plus de 40° à l’ombre en journée (notre record : 43°!), je vous laisse imaginer le plaisir que l’on avait à barboter dans ces eaux fraiches.

On est ensuite allés découvrir « Kalamina gorge » en empruntant une route réservée aux 4×4. Cette-fois notre voiture a réussi le test haut la main, ce qui était rassurant vu le reste du parcours que l’on avait prévu, on allait devoir encore conduire sur de nombreuses routes pour 4×4.

On a passé la nuit au camping de Dales Gorge où les rangers à l’accueil n’étaient pas très rassurants : « on a eu plusieurs morsures de serpents récemment, ne sortez jamais sans chaussures et sans lampes et si vous vous faites mordre, venez directement pour qu’on vous évacue en hélicoptère »,. Après une bonne nuit où les serpents sont restés sages, on a pris la mesure de la véritable grandeur du parc en se rendant aux « cinq gorges ». C’est un endroit époustouflant où on a l’impression que la terre s’est littéralement déchirée en laissant de majestueuses entailles dans le paysage. On s’est attaqués à la « spider walk », une rando connue au fond de Hancock Gorge, pas par le nombre élevé d’araignées que l’on peut y trouver (mais ça aurait pu!), mais parce qu’il faut les imiter pour la parcourir. Il y a des passages où l’on escaladait les parois, d’autres où l’on passait dans l’eau, d’autres où il fallait être en équilibre entre deux parois, pour au bout avoir une superbe récompense : Kermits pool. C’était un lieu enchanteur où les quelques rayons de soleil qui y pénétraient rendaient l’eau cristalline. Dans le même genre on s’est ensuite aventurés dans la « Weano gorge » pour découvrir au bout la Handrail pool, magnifique elle aussi.

Après s’être bien rafraichis, on a repris la route vers Broome pour un long trajet de 8h de voiture. C’est le moment où l’on a rencontré pour la première fois les vrais « road trains », un camion tirant  4 à 5 remorques attachées les unes aux autres. Il y en avait beaucoup sur la route à cause des nombreuses mines que comportait cette région. Ces monstres de fer roulant étaient très impressionnants avec leurs remorques oscillant comme une chenille. Surtout quand on devait les doubler sur une petite route à double sens, il valait mieux bien prévoir son coup car ils mesurent souvent plus de 50m de long.

On a atteint Port Hedland juste avant la tombée de la nuit. C’était une ville portuaire vers laquelle convergait tous les road trains qui faisaient la liaisons avec les mines alentours, plutôt déprimant comme endroit. Comme il est préférable de ne pas conduire de nuit en Australie à cause du risque élevé de collision avec un animal, on n’a pas eu le choix que de s’y arrêter pour dormir. On a réussi à trouver un petit endroit non bétonné sur une aire de repos le long de l’autoroute où l’on a été bercés toute la nuit par le bruit des énormes road trains qui passaient seulement à quelques mètres de nous à toute allure (ils sont tellement gros et équipés de pares-buffles qu’ils n’ont pas peur de renverser des animaux la nuit).

 

 

Exmouth

 

 

 

Exmouth, située de l’autre côté de la petite péninsule, c’est le paradis pour les amoureux des baleines. Elles sont 30000 à croiser ses côtes chaque année lors de leur migration, c’est la plus haute densité de baleine au monde, et c’est l’un des rares endroits au monde où il est possible de nager avec ces géants. Pour des passionnés de plongée comme nous, on n’a pas réfléchi longtemps malgré le coût élevé de la prestation. C’était l’occasion d’une vie, il n’y avait plus qu’à croiser les doigts pour que ça marche car il n’y a jamais de garantie avec la nature. Ici le taux de réussite était de 70%.

La veille au soir on est montés au phare d’Exmouth pour admirer notre habituel coucher du soleil, mais cette fois-ci il s’est fait voler la primeur par les baleines. On en a vu une puis deux puis… partout des dizaines de baleines nageant ou parfois même sautant dans les vagues, incroyable ! On savait que le lieu était propice pour les voir mais on ne pensait pas qu’il y en aurait autant, impossible de regarder la mer sans en voir une. C’était d’excellent augure pour le lendemain !

Effectivement, à peine après avoir quitté le port, les baleines étaient au rendez-vous. Certaines étaient visibles au large, d’autres tout proche du bateau. On n’avait qu’une hâte, c’était de plonger pour les rencontrer sous l’eau. Mais ce n’est pas une mince affaire, ces mammifères marins sont peut-être immenses mais ils nagent aussi très rapidement sous l’eau et changent vite de trajectoire s’ils ne veulent pas être embêtés. Pour nous aider dans notre tâche nous étions guidés par des pros : pilote d’avion pour repérer les géants en pleine mer, skipper pour nous approcher au plus près et nageuses qui communiquaient avec ce petit monde par talkiewalkies et qui nous encadraient. Avant de nous lancer dans l’aventure, on a commencé par un premier snorkeling sur la barrière de corail afin d’évaluer les capacités de chacun. Ce petit « test » était plutôt sympathique car on a pu voir plusieurs requins, tortues et même un serpent de mer qui a attaqué notre guide.

Le moment tant attendu était enfin arrivé, nous étions tous prêts, équipés de nos masques, tubas et palmes en attendant avec impatience le « go » pour sauter dans la mer. Une fois dans l’eau, on pouvait entendre le talkiewalkie  « vous êtes bons là, plus que 150m, 100m, 50m.. » et whaouuuuu ! Bref mais intense ! La magnifique forme a apparu comme un fantôme dont les contours se dessinaient peu à peu dans le bleu. On a pu voir notre première baleine entièrement, le moment a été riche en émotions. Ensuite on a pu se rendre compte de la difficulté de la tâche : après deux essais ratés où les baleines changeaient de trajectoire, on en a aperçu une, mais très rapidement. L’autre groupe avec qui on alternait nos sorties a eu la chance d’avoir un baleineau qui est resté jouer avec eux sous l’eau, on a donc pu y retourner une quatrième fois. Et là ce fut le moment parfait qui restera gravé dans nos mémoires : on a vu se dessiner progressivement, juste sous nos palmes, deux baleines accompagnées d’un baleineau se blottissant contre sa maman. Le temps a semblé s’arrêter, c’était féérique. On est retournés ensuite une dernière fois dans l’eau pour finir notre rencontre avec ces géants des mers en beauté : 2 baleines passant juste à côté de nous pour remonter à la surface, montrer leur queue et s’éloigner tranquillement. Sur le chemin du retour, comme pour nous dire au revoir et nous montrer une dernière fois leurs courbes gracieuses, les baleines se sont amusées à sauter tout proche du bateau, on en a pris pleins les yeux.

 

Le lendemain on a exploré l’intérieur des terres, le “cape range national park”  avec quelques randos au milieu des gorges et canyons que comprennent le parc. On a réussi à débusquer le rare wallaby des montagnes qui n’est pas facile à voir entre les rochers de même couleur. On a aussi profité une dernière fois de la fabuleuse barrière de corail avec quelques snorkelings dans les eaux turquoise bordant le parc, notre coup de cœur : « Oyster Stacks », un vrai aquarium en eaux peu profondes où on a pu nager avec des tortues et des requins en toute tranquillité.

 

 

 

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