Cape cross et la Skeleton cost


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La Skeleton cost (ou côte des squelettes) fait partie de ces endroits un peu mythiques où l’on s’y sent hors du temps. C’est une côte nue, frappée par des vents forts et souvent noyée dans le brouillard. C’est le même paysage que l’on a traversé pendant des dizaines de kilomètres : la mer houleuse à gauche, les plaines caillouteuses désertes à droite exploitées par des mineurs. Tantôt on croisait un pêcheur et son 4×4 qui rompaient la monotonie de la plage. La côte est réputée pour abriter plusieurs épaves de bateaux échoués mais les conditions climatiques y sont tellement rudes que la plupart ont déjà disparues. On a fini par en voir une se dessiner à l’horizon : celle du Zeila, un cargo échoué depuis 2008. Elle était proche du bord de la plage et très bien conservée, c’était  envoutant de voir cette carcasse rouillée habitée par les pélicans émerger de l’océan.

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On a également découvert à cette occasion que la côte des squelettes ne tenait pas seulement son nom du fait des nombreuses épaves échoués sur le rivage mais aussi à cause de tous les os éparpillés sur la plage. C’était surprenant, à la place de ramasser des coquillages, on pouvait trouver tantôt une vertèbre, tantôt un crâne d’animal marin.  Le camping où l’on a passé la nuit avait même une belle collection d’os de baleine, c’est incroyable la différence de taille entre une vertèbre de baleine et une vertèbre humaine.

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Cape cross, c’est la colonie d’otaries à fourrure la plus connue de Namibie, elles sont des centaines de milliers à venir se reproduire ici.

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On s’imagine tous de mignonnes petites bêtes qu’on a envie de câliner (ça c’est peut être parce que j’avais une peluche phoque qui s’appelait phoquy…!) et de prendre en photo.

 

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En fait la première chose qui saisit quand on sort de la voiture c’est l’odeur. Une odeur pesante de millions d’excréments qui prend au nez et qui y reste pour plusieurs heures. Ensuite, la deuxième chose surprenante c’est le bruit. Une otarie ne fait pas de mignons petits couinements comme je me l’imaginais. Leur cri est un mélange de bêlement et de jappement, et en rendu concret, on a l’impression qu’elles passent leur temps à roter.

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Maintenant que vous êtes dans l’ambiance olfactive et auditive, on peut commencer la description visuelle ! Comme on peut se l’imaginer c’est impressionnant de voir autant d’otaries réunies à un seul endroit. Certaines étaient si prêts que l’on pouvait les toucher. Ce qui  nous a marqué, c’est qu’elles passaient beaucoup de temps à dormir dans des positions tout à fait étranges : certaines avaient des nageoires en l’air, d’autres la tête sur des rochers ou entre les barreaux du chemin, d’autres étaient carrément enchevêtrées.

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Un autre fait amusant, était leur façon de se déplacer. Elles faisaient quelques mètres en se dandinant comme elles le pouvaient (on dirait un peu un cul de jatte qui essaierait de se déplacer…) puis elles faisaient une pause pour récupérer de leur effort. En fait là où elles étaient le plus à l’aise c’était dans l’eau. Elles aimaient surfer dans les vagues et jouer avec les poissons. Certains moments nous ont provoqués un petit pincement au cœur : ce bébé entouré d’un filet de pêche qui est lentement en train de creuser sa chair ou cet autre petit rejeté par toutes les mamans, maigre comme un clou que le chacal malin qui se promène au milieu de la colonie, a déjà repéré.

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