Sesriem

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Avant de parler de Sesriem on est obligés de parler de la route qui va à Sesriem, car aller à Sesriem ça se mérite, et encore plus au volant d’une Polo.

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Au début la gravel road est classique : inconfortable mais praticable. Mais les 200 derniers kilomètres sont une épreuve : il ne reste de nom que la route. C’est en fait une piste criblée de vagues, sorties tout droit d’une tempête au large de Lüderitz, des creux de 10 mètres au moins ! Toute la largeur de la route, tout le long, jusqu’à Sesriem. Au volant d’un 4×4 c’est inconfortable, au volant d’une polo je vous laisse imaginer…

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En fait notre pauvre Polo n’a malheureusement pas résisté à l’épreuve. Environ 50 kilomètres avant d’arriver, on a entendu de drôles de bruits accompagnés d’une odeur étrange, c’étaient nos deux amortisseurs arrières qui avaient lâchés. On a du faire le reste de la route à 30 km/h, en cherchant les vagues les moins profondes et en croisant les doigts que la voiture nous emmène à bon port. Parce que oui, on n’avait pas de réseau et on était loin de tout. Le côté positif c’est qu’on a pu profiter du paysage : les portes du désert de Namib s’ouvraient doucement à nous, dévoilant des dunes d’une rouge profond et des montagnes violettes millénaires, traversées de temps à autre par des Oryx imprudents. Bon en fait, pour tout vous avouer, on en avait profité avant que la voiture ne lâche car ensuite on avait d’yeux plus que pour la route !

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Arrivés à Sesriem, on a donc pu tester le SAV d’Avis, notre agence de location. On a été agréablement surpris de leur efficacité. On se voyait déjà devoir leur ramener la voiture à Walvis Bay, la grosse ville la plus proche (à 400 km de gravel road..) et parcourir le joyau de la Namibie, le désert de Sossusvlei, en serrant les dents tout au long de la route. Mais non, ce sont deux courageux employés qui ont roulés une bonne partie de la nuit pour nous apporter une jolie Polo toute neuve (et oui malgré nos espoirs, ils se sont dit qu’on devait persévérer en petite polo!) et repartir avec l’ancienne sur un camion. On a donc profité de la piscine du camping (je rappelle qu’on était en plein désert et que ça faisait plus d’1 an et demi qu’il n’avait pas plu dans la région) le reste de la journée, pour avoir une belle voiture toute neuve au petit matin. Une petite astuce au passage : mieux vaut acheter une carte Sim locale pour téléphoner. Au début, dans notre empressement, on a utilisé notre téléphone français et il nous en a couté… 4 euros la minute, pour 8 minutes de conversation! En plus les employés d’Avis ne pouvaient pas nous rappeler sur notre numéro français. La Sim locale est donc définitivement un bon investissement!

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Après avoir récupéré notre nouvelle voiture, on est parti à l’assaut du fameux parc de Namib-Nauukluft, dont le site le plus connu se nomme Sossusvlei. Je ne vous cache pas que l’on ne faisait pas les fiers et qu’on avait qu’une peur s’était de casser une deuxième voiture. Mais quelle n’a pas été notre surprise de découvrir que les routes du parc étaient goudronnées! On allait pouvoir profiter entièrement de ce lieu magique.

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Les magnifiques dunes de sable rouges nous tendaient les bras et on a commencé par grimper big mama dune. Cette dune est accessible en laissant votre voiture sur un parking et en prenant une navette qui s’occupe à votre place de négocier les pistes de sable (pour la modique somme de 170SD par personne soit un peu plus de 10 euros pour 4 km!). Quelques 4×4 se risquent seuls sur les pistes de sable mais un certain nombre fini ensablé malgré leur lourd équipement. La navette est arrivée au moment où l’on se garait sur le parking et comme on pensait qu’elles étaient rares on n’a pas pris le temps de se préparer correctement et notamment de mettre nos chaussures de marches, grosse grosse erreur, vous allez vite comprendre pourquoi…

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Les premiers mètres sur la crête des dunes étaient éprouvants, on avait l’impression de reculer à chaque pas. Et puis, petit à petit, on a pris le rythme : le secret, c’est de faire des petits pas et marcher dans les empreintes existantes. Au début c’est assez vertigineux de marcher en équilibre sur la crête d’une dune haute de 150m, les pentes de chaque côté semblent très raides et personnellement je ne faisais pas la fière la haut. Et puis petit à petit à force de grimper, de descendre dans les pentes sableuses, on se rend compte que l’on s’enfonce dans le sable sans dégringoler la pente et la peur s’envole.

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On s’est ensuite attaqué à big daddy, la plus grosse dune des environs, 330m de haut, qui surplombe le Deadvlei, le fameux désert blanc peuplé d’arbres morts. En soit la montée est difficile : 330m d’ascension dans le sable, c’est éprouvant. Mais quand on décide de le faire comme nous, en sandales entre 12h et 14h par 40° en plein soleil, c’est devenu carrément une torture pour nos petits petons. Vous connaissez cette sensation en hiver quand vous avez coulé un bain bouillant, mais que l’eau est tellement chaude que vous êtes incapable de plonger votre pied dedans ? Et bien c’était cette sensation à chaque pas : une brûlure intense du sable incandescent sur nos pauvres petits pieds. On avait envie de les retirer au plus vite, mais on était vite obligés de les replonger dans le sable car la brûlure devenait insupportable sur l’autre pied. Proches du sommet, quand on a dû couper à travers la dune et enfoncer completement nos pieds dans le sable brulant, la douleur était devenu carrément insupportable, on a dû employer le système D. On avait chacun un buff (un morceau de tissu circulaire) que l’on avait noué sur notre tête pour nous protéger du soleil, cette fois les pieds étaient plus importants que nos crânes, et j’ai attaché un buff à chacun de mes pieds en enfilant mes sandales par-dessus. Christophe, qui avait un pantalon qui se zippait pour se transformer en short, a fait la même chose avec les jambes de son pantalon. Et c’est avec nos chaussettes de fortune qu’on a réussi à atteindre le sommet. La vue était magnifique : le désert à perte de vue, les montagnes et le Deadvlei en contrebas. Même si la façon dont on l’a réalisé était complétement inconsciente, on ne l’a pas regretté.

 

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La dernière épreuve a été la descente dans le sable brulant. En temps normal on aurait profité du vrombissement puissant que créaient les avalanches de grains de sable sous nos pas, un bruit que l’on ne connaissait pas, mais là on était plus préoccupés par nos pieds qui étaient littéralement en train de cuire. On essayait de tenir le plus longtemps possible avant de les sortir de leur enfer pour les aérer quelques instants puis de les y replonger. On a fini par atteindre le vlei, cette étendue blanche créée par l’assèchement de la rivière qui meure maintenant dans les dunes. Les arbres noires qui se découpaient sur le sol blanc avec en toile de fond les dunes rouges et le ciel bleu étaient magnifiquement photogéniques et malgré la soif qui nous tenaillait (tant qu’à faire on n’était pas parti avec assez d’eau…), on est resté bien 1h à les photographier sous toutes leurs coutures.

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Après avoir regagné notre petite Polo restée sage sur le parking, et malgré la fatigue qui commençait à se faire sentir, on n’a pas résisté à partir à la chasse à l’hidden vlei. C’est un autre vlei accessible par une courte marche de 4km aller-retour dans les dunes à partir du parking. Enfin courte quand on ne se perd pas ! Suivez les panneaux ils disaient…encore faut-il trouver le premier. Bref, cette fois on avait mis nos chaussures, et on a pris un plaisir fou à explorer les dunes intactes dessinées par le vent à la recherche de notre vlei caché. Et on a fini par le trouver (merci “maps me” encore une fois!) et sur le retour on a même trouvé les bâtons qui balisaient le chemin. Mais quel bonheur que l’on ne les ait pas trouvé dès le début car cette expérience au soleil couchant reste une des plus marquantes de notre voyage.

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La lumière des dernières lueurs du jour et des premières de la nuit confèrent vraiment à ces lieux une nouvelle dimension. Non seulement ces golden hours accentuent les belles couleurs rougeâtres du sables mais les ombres projetées des dunes dessinent une nouvelle dimension à ce merveilleux paysage.

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On s’est donc levés aux aurores pour escalader une des dunes les plus connues du parc : la dune 45. Maintenant que l’on avait acquis la technique et qu’on avait les chaussures adéquates on a pu arriver au sommet à toute vitesse et profiter du paysage évoluant avec la lumière du soleil, c’était splendide et apaisant. Le désert c’est un peu comme une drogue, une fois qu’on y a gouté on arrive plus à s’arrêter, on a donc grimpé la dune que l’on a surnommé la 40, 5 kilomètres avant la 45. Ça a été une des ascensions les plus éprouvantes (moins que la big daddy quand même) car le chemin avait été tracé sur le flanc de la dune et non sur la crête ce qui a rendu la montée bien plus difficile. Le point positif c’était qu’on a pu profiter de la vue, seuls au sommet.

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On a fini notre exploration du parc par aller faire un coucou à l’Elim dune, une dune proche de l’entrée du parc qui n’avait pas la majesté des autres à nos yeux donc que l’on n’a pas grimpé (on était aussi surtout bien épuisés de nos deux ascensions de la matinée et des 2 autres de la veille). Ensuite on est allés explorer le Sesriem canyon : un joli canyon peu profond dessiné par une rivière asséchée.

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On a ensuite repris la route jusqu’à notre prochaine destination du Namib Park, les Naufukt mountains, pour découvrir que toutes les routes qui entouraient Sesriem étaient en aussi mauvaises état les unes que les autres. Est-ce un moyen de limiter les flux de touristes à cet endroit magique ? Car visiter le Namib-Naukluft Park ça se mérite, demandez ça à notre première polo !

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