Sud Lipez

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Le Sud Lipez, depuis le temps qu’on en rêvait, le rêve est enfin devenu réalité. Pour cette excursion on a vraiment voulu en profiter. Nous avons décidé de partir de Tupiza et de passer 5 jours dans cet endroit fabuleux pour rejoindre Uyuni. On a trouvé plusieurs avantages à partir de Tupiza. Le premier est que l’on passe un jour de plus dans le sud Lipez, dans des endroits plus reculés et moins visités par les tours classiques. Le deuxième est que l’on fait le tour en “sens inverse” par rapport aux touristes, plus nombreux, qui partent d’Uyuni. Enfin les groupes sont plus petits, seulement 4 personnes par jeep (contre 6 au départ d’Uyuni) et il paraîtrait même que la qualité de la cuisine serait meilleur ! Notre petit groupe de 4 était déjà formé puisque nos amis Alice et Romain avaient les mêmes envies que nous : passer 5 jours dans le sud Lipez en incluant au passage la grimpette de notre premier 6000m. Après quelques recherches et négociations, nous sommes partis avec l’agence La Torre aux côtés de Léo, notre guide et de Maria, notre cuisinière.

Le plus surprenant dans ce voyage, c’était les changements de paysages : d’une heure à l’autre on se retrouvait dans des milieux complètement différents, comme si quelqu’un avait changé le décor entre deux scènes d’une pièce de théâtre dont on aurait été les acteurs. On a commencé dans les environs de Tupiza entourés de pierres rouges et acérées et à peine 1 heure après on était au milieu de collines verdoyantes où paîtraient tranquillement des lamas, des vigognes et des autruches ( et oui on a été surpris de les trouver là ! ça paître une autruche ??). L’heure d’après déferlaient sur nous une multitudes de couleurs, comme si un peintre s’était amusé avec sa palette, le paysage en guise de toile, et au bout de ce chemin arc en ciel on a trouvé la “cité enchantée”. Imaginez, perchée à 4500m d’altitude, au milieu d’un paysage mêlant désert et volcans, une cité de sable. Grandiose, on la croirait façonnée par des géants et habitée par des fées, difficile d’en dire plus avec des mots on vous laisse en profiter en photos.

Dans une ambiance plus rocailleuse cette fois, nous sommes tombés sur le ‘Machu Picchu du sud Lipez”. Ruines d’une antique cité minière datant de l’époque coloniale, ce village fantôme avait en effet des airs du Machu quand on tombe dessus en plein désert. Un vieux guide du coin nous y a montré les différents minéraux que l’on trouvait dans la mine mais il nous a surtout appris à reconnaître la “poupoussa”, une plante connue pour soigner le mal d’altitude. Utile pour notre excursion le lendemain ! Peu après, nous sommes donc partis à la chasse à la poupoussa au milieu des rochers orangés avec notre guide Léo,  on a pu en récolter suffisamment pour le reste de notre périple.

A la fin de cette première journée magique, le colosse du désert se dressait à nos pieds, entouré de sa Laguna Céleste. : le volcan Uturuncu, point culminant du sud Lipez, 6008m d’altitude. Et vous savez quoi? C’est à lui qu’on a décidé de s’attaquer le lendemain, pour gravir notre premier 6000 !

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Après une nuit reposante, quoique un peu fraîche (il gèle la nuit et il n’y a pas de chauffage dans ces coins-là !), nous sommes partis à l’ascension de notre géant. La première partie de la montée s’est faite les doigts dans le nez, normal elle se fait en voiture jusqu’à 5600m. Ensuite lentement mais surement et grâce aux conseils avisés de notre guide, Marco, nous avons gravi les 400m restant au milieu des fumeroles de souffre et d’un vent glacial qui nous gelait les bouts des doigts. On a été une nouvelle fois heureux de constater que l’acclimatation progressive à l’altitude depuis bientôt 1 mois avait été payante car nous avons beaucoup moins ressenti ses effets que lors de l’ascension de la Rainbow Montain au Pérou, et on a atteint le sommet avant même d’avoir commencé à souffler un peu. De là-haut la vue était splendide : paysage lunaire parsemé de lagunes et volcans. Et comme partout sur terre nous avons même trouvé notre petit drapeau Breton pour faire la photo souvenir. La descente s’est fait en courant (ou en skiant comme dirait Marco) dans la poussière de cendres. 2H30 après notre arrivée sur place, le 6000 était dans la poche !

dsc07716Le lendemain nous sommes partis à la rencontre des flamands roses du sud Lipez. Plutôt farouches les bestioles, on s’est vite rendu compte que les photos des flamands en vol étaient beaucoup plus faciles à prendre que celles où on les voit perchés sur une patte ! Emerveillés par les scintillements de la Laguna Hedionda Sur, Christophe et Alice s’en sont mouillés les pieds ! Ils ont découvert à leur dépend (et à ceux de leur chaussures) que les abords des lagunas sont vaseux, même s’ils n’y paraissent pas, protégés par leur fine couche blanche de minéral borax.  Après avoir traversé le désert de Dali, un champs de pierres volcaniques, la Laguna Verde nous a dévoilé toute sa magie au gré des passages nuageux. Nous avons pu profiter de la puissance des volcans qui nous entouraient en prenant notre bain dans les sources d’eau chaude au pied d’une nouvelle laguna, puis en allant se faire sécher à la fumée des geysers. Après une courte réflexion, on a renoncé aux bains bouillonnants de ce décors flamboyant car notre petite peau n’aurait pas résisté longtemps (une touriste aurait d’ailleurs récemment essayé, il n’y reste que son chapeau…). Ensuite nous sommes allés nous rafraichir aux abords de la Laguna Colorada qui nous a dévoilée sa belle robe rouge où des flamands roses  se prélassaient dans son drapé. La scène est devenue un peu morbide quand on a découvert qu’on ne marchait plus sur des gravillons mais sur des cadavres de bébés flamands roses emportés par le froid mortel de cet hiver (ou écrasés par les copains en tentant de se tenir chaud… au choix!) Ca ne nous a pas empêché de faire de beaux rêves arc en ciel cette nuit là.

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Pour cette quatrième journée dans le sud Lipez nous avons choisi de parcourir la route “optionnelle” plutôt que la “classique”, car les paysages y seraient plus variés et le temps de trajet plus court laissait plus de temps à la balade. Nous avons commencé par nous promener au milieu de rochers volcaniques aux formes étonnantes, vous pourrez reconnaître notamment : la coupe du monde et le chameau, pour le reste laissez place à votre imagination. La surface rugueuse de ces rochers en faisait des murs d’escalades parfaits et on s’est amusés un bon bout de temps à faire grimpette dans ce terrain de jeux à ciel ouvert (bon grimper c’est bien mais la descente parfois on s’en passerait). On a pu ensuite se perdre (ou pas) dans “l’Italia Perdida”, qui tient son nom du temps où deux cyclistes Italiens s’étaient perdus au milieu de ses roches rouges. Après avoir retrouvé notre chemin nous sommes arrivés à la paisible Laguna Negra, des canards aux becs bleus barbotaient dans ses eaux noires tandis qu’un troupeau de lama paîtrait tranquillement sur ses rives. Le contraste entre la surface noire et lisse du lac et les rochers rouges et acérés qui l’entouraient était hypnotisant. Nous avons enfin entre-aperçu la saison des pluies Bolivienne l’après-midi alors que l’on était bien à l’abris dans la voiture. “Enfin” car on voyait partout que le manque d’eau commençait à se faire cruellement ressentir dans la région : les lagunas asséchées, les végétaux morts (sans parler de nos bébés flamands…). Lors d’une petite accalmie on a fait une pause à Julaca, avec son cimetière de train et ses rues désertes, cette ville avait cruellement des airs de ville fantôme, heureusement que tous les 4×4 du coin s’y arrêtaient pour abreuver leur touristes en bière dans l’unique tienda des alentours. Pour cette dernière nuit dans le sud Lipez, nous avons dormi au pied du Salar d’Uyuni ( connu sous ce nom là mais qui s’appelle en fait le salar de Tunupa, du nom du volcan qui le domine) dans un véritable hôtel de sel. Le sol, les murs, les lits, les tables, les chaises, tout où presque scintillait des milliers cristaux de sel. Léo nous a fait l’agréable surprise de nous réserver 2 chambres séparées et Maria a fait des lasagnes accompagnées de vin, que demander de mieux? De la brioche perdue en dessert ! Et oui, nous, petits français, avons enseigné un peu de notre patrimoine gastronomique à nos amis Boliviens ( qui en ont bien besoin question dessert…) et nous leur avons cuisiné de la brioche perdue avec notre reste de brioche rassie que l’on se trimballait depuis le début du tour !

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Après une courte nuit peuplée de rêves salés, nous sommes partis dans le noir à l’aventure dans le salar. Petit à petit, la boue a commencé à se recouvrir d’une fine couche de sel qui est devenue de plus en plus épaisse et finalement, le blanc à perte de vue : on était enfin au milieu de désert de sel. Nous avons rejoint les autres 4X4 sur l’Isla Incahuasi, l’île aux cactus, afin d’admirer l’illumination du salar par les rayons de notre vieux soleil. Un petit déjeuner avec un gâteau maison confectionné par Maria au milieu de la nuit, nous a donné assez d’énergie pour remuer nos méninges et poser pour nos “photos locas”. C’est comme ça que les guides appellent les photos que les touristes prennent dans le salar en jouant avec la perspective. Pas si évident les photos locas, il faut avoir l’œil et la technique ! Heureusement pour nous, notre ami Léo n’a pas hésité à s’étendre sur les cristaux acérés du désert de sel pour nous mettre en scène nos idées les plus farfelues ( et vous allez voir, on en avait !). Nous nous sommes rendus ensuite dans l’antique hôtel de sel qui persiste dans le désert (persiste, en effet quand on sait qu’il faut renouveler les murs tours les 2 ans du fait de leur dégradation rapide dans ce milieu), aujourd’hui transformé en musée. Notre expérience salée s’est achevée par la visite des “montagnes de sel”, “gros tas” serait un qualificatif plus exact vue la taille, c’est ici qu’est récolté le sel destiné à la consommation. Avant de dire adieu à nos compagnons de route (Léo et Maria car avec Alice et Romain on n’était pas encore décidé à se séparer de si tôt), nous sommes allés nous amuser à escalader les vielles loco du cimetière de train d’Uyuni. Et c’est autour d’un excellent repas de Maria qu’on a clôturé ces 5 jours magnifiques qui ont remplis nos petites têtes de rêves de magie multicolore.

Comment sont faites les photos du Salar :


 

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