Potosi

 

img_0942Potosi, située à 4000m d’altitude, cela en fait la plus haute ville de plus de 100 000 habitants du monde ! En fait Potosi n’a pas toujours compté autant d’habitant. Il y a eu plus d’habitant, au moment de la découverte des richesses en minéraux (surtout argent à l’époque) des montagnes aux alentours, puis le nombre d’habitant a diminué (environ 10 000 habitants à une certaine époque) quand presque toutes ses ressources en argent ont été épuisées. Depuis, on a retrouvé de l’argent, du cuivre, du zinc, mais moins purs qu’auparavant, les mines se sont remises à fonctionner et le nombre d’habitant à de nouveau augmenté. Vous l’aurez compris la première attraction de Potosi sont ses mines. On a un peu hésité avant de les visiter car dans le routard il est souligné que les mineurs ont des conditions de travail très difficiles, que d’aller les voir s’apparente à du voyeurisme et participe à entretenir le système. Finalement on a décidé d’y aller quand même avec nos 4 compères de Torotoro et on n’a pas regretté notre choix.

On a réservé notre expédition avec le gérant de notre hôtel qui est également mineur. Le guide qu’il nous a conseillé, un ancien mineur, était en train de créer une agence exclusivement gérée par des mineurs ( ce qui n’existait pas encore à Potosi) et on a eu la fierté d’être ses premiers touristes. Après nous avoir équipé pour l’expédition (casques, bottes et vêtements), il nous a d’abord emmené au marché pour que l’on puisse acheter des cadeaux à offrir aux mineurs. Mais je suis sûre que vous vous demandez qu’est ce qui ferait plaisir à un mineur ? Vous ne pouvez pas vous tromper si vous choisissez parmi  : feuilles de coca, résines pour la coca, cigarettes, alcool à 96°, soda et dynamite. On a pris un petit assortiment (sauf des cigarettes car on n’entretient pas l’industrie du tabac nous) et on a même eu le droit de tester la marchandise pour savoir si c’était de la bonne qualité (enfin on n’a pas eu le droit de tester la dynamite). Ensuite direction l’ancienne mine dans laquelle travaillait notre guide, on était les premiers touristes à y mettre les pieds. Le rituel en entrant dans la mine est de commencer par aller rendre une petite visite à la statue de Tio, de lui offrir alcool et cigarette afin de savoir s’il nous accorde sa protection dans la mine. Si la cigarette est consumée entièrement, vous pouvez entrer sans crainte, dans le cas contraire il vaut mieux rebrousser le chemin. On prend également le temps de remercier la Pacha Mama, la mère nature, en versant simplement un peu d’alcool sur le sol. La progression dans la mine n’est pas facile, il faut à la fois surveiller ses pieds (car il y a parfois des trous dans le sol) et sa tête (il faut régulièrement se baisser pour se frayer un chemin dans les boyaux irréguliers qui parcourent la mine). Pour descendre au niveau inferieur on se croirait revenus dans la grotte de Torotoro : c’est un petit conduit poussiéreux où il faut se faufiler. En fait le plus difficile dans tout ça c’est la poussière, car elle sature tellement l’atmosphère qu’il est souvent difficile d’y respirer. Pour ajouter un peu de difficultés à tout ça, c’est une vraie fournaise et nous sommes à 4000m on s’essouffle donc rapidement ! Malgré ces conditions de travail très difficiles, l’ambiance dans la mine était plutôt à la rigolade .gopr9620 On se croyait au milieu d’une bande vieux potes qui n’arrêtaient pas de se taquiner et de s’envoyer des vannes. Notre guide nous a aussi confirmé que la solidarité était omniprésente : s’il y a un mineur qui est fatigué c’est toute l’équipe qui s’arrête et si une équipe entend un éboulement il viennent secourir les autres même s’ils ne travaillent pas ensembles. Oui les conditions de travaille sont extrêmement difficiles mais un mineur nous a confié “on préfère mille fois être ici que dehors”. Pendant quelques minutes on s’est mis à la place des mineurs : pelleter les débris de roches, les mettre dans une brouette, les reverser ensuite dans la wagon, et recommencer, encore et encore, c’est difficile d’imaginer que des hommes puissent faire ce travail tous le jours, toute leur vie. Pour tenir, les mineurs ne mangent pas mais mâchent du coca toute la journée et boivent des petites doses d’alcool à 96°. La grande surprise que nous avons eu pendant cette visite c’est la gratitude des mineurs envers nous, touristes qui sommes venu partager leur quotidien. Ils ne nous ont pas tant remercié pour les maigres cadeaux qu’on leur a offert, ni pour les quelques sous que leur rapportaient notre visite mais surtout pour le simple fait d’être venu les voir. C’est la reconnaissance de leur travail par des étrangers qui était le plus important pour eux. Et ils nous ont demandé d’ailleurs de rapporter notre expérience pour que les gens continuent à venir les voir. Ils ont été très heureux de se reposer un peu pendant qu’on s’essayait au métier de mineur, et de pouvoir souffler un peu en discutant avec nous. Merci à ces hommes courageux qui nous ont donné une vraie leçon de vie ce jour là.

Après un petit tour par la case douche et comedor (lieux sur le marché où on peut manger local pour quelques bolivianos), nous sommes allés visiter la maison de la monnaie, conseillée par le routard. C’était à Potosi que l’ensemble des pièces du royaume Espagnol était confectionnées, le musée retrace l’histoire de leur fabrication. On a ainsi appris que les Espagnols se servaient d’esclaves indigènes et qu’à certains postes la durée de vie moyenne était de 3 mois à cause des procédés utilisés (il employait le mercure notamment pour purifier l’argent). Si on avait mis bout à bout les os de tous les indigènes morts à Potosi, on aurait pu construire un pont qui reliait Madrid à Potosi. Avec l’or et l’argent volés par les Espagnols dans les mines, on aurait pu construire 2 autres ponts semblables. Le musée était intéressant mais la visité était un peu chère et rapide à notre gout.

Le lendemain nos amis Belges nous ont quitté pour se rendre à Tupiza, avec Romain et Alice, nos amis français, nous avons décidé de profiter d’une journée supplémentaire à Potosi et de les rejoindre un peu plus tard. Suite aux conseils de notre propriétaire d’hôtel à Sucre (qui nous avait aussi conseillé notre hôtel de Potosi), nous sommes partis avec nos maillots et nos serviettes pour se baigner aux sources d’eau chaude “oro del Inca” à quelques kilomètres du centre ville. On n’a pas beaucoup eu de chance sur ce coup là (ou peut être que si en fait) car une fois arrivés sur place on a trouvé le site fermé. En fait il y avait une bonne raison, quelques semaines auparavant un baigneur s’était noyé, aspiré par les tourbillons naturels qui se forment dans le lac d’eau chaude. Il nous a proposé de nous baigner à nos risques et périls mais bizarrement la vue des tourbillons au centre du lac ne nous a pas vraiment motivé. A la place on a préféré écouter les conseils d’un guide originaire de Potosi (rencontré dans le bus) et continuer notre chemin vers Miraflores  où on a pu profiter des sources d’eau chaudes mais dans des bassins artificiels. Au final on a eu le droit à notre bain bouillant au milieu des regards des habitants du village qui n’avaient pas du tout l’habitude de voir des touristes à cet endroit.

En rentrant on s’est fait un petit sprint en montée à 4000m d’altitude pour essayer d’attraper le bus du 16h qui partait pour Tupiza, et on a été heureux de constater qu’on était plutôt bien acclimatés à l’altitude car ce n’était plus aussi difficile qu’au début ! Par contre ça ne nous a pas empêché de louper notre bus à quelques minutes prêt.

 

 

 

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